⏪ A l’âge de cinq ans, cigarette (en chocolat) entre les doigts, je « frimais » avec les trois mots de français que j’avais « absorbés » quelque part : Bonjour, oui, non, pardon, merci. Cinq mots, d’accord.
Ma copine Sarah et moi, à peine assez grandes pour ouvrir notre paquet de Betterfood, on avait la classe avec notre « français » dans cette cour de
récré à Grimbergen.
⏩ A onze ans, je partais en voyage avec un grand groupe d’ados européens. En train, direction les Alpes. Ces ados étaient tous scolarisés à l’École Européenne et la langue parlée dans le groupe était le français.
🌍 C’était l’exemple parfait d’un melting pot : tous étaient enfants de parents aux nationalités diverses, travaillant à Bruxelles.
🤷♀️ Moi, j’étais scolarisée dans un collège néerlandophone, situé entre un champ de patates (ou de chicons) et une prairie.
Me voilà : la néerlandophone, la plus jeune, un peu timide en plus, au milieu de cette effervescence culturelle riche en couleurs dont elle ne maîtrisait ni la langue, ni les codes. Celle qui, six ans plus tôt, frimait avec son français à deux syllabes et sa cigarette en chocolat.
⛷ J’étais clairement plus à l’aise en descendant les pistes qu’en discutant à table.
Pourtant : quel bonheur ! Quelle chance inouïe ! Le début d’une longue série de vacances « européennes » annuelles, qui m’ont fait comprendre que :
– Apprendre une nouvelle langue, c’est magique (pour ceux qui douteraient encore).
– Peu importe ton niveau dans une langue, le partage est authentique, les rigolades aussi, et on se comprend dans les moments de joie et de poudreuse / brouillard.
– C’est seulement après l’immersion que je voyais mes progrès en français, pas pendant.
– Dans la vie, instinctivement, j’ai fait de bons choix grâce à ces expériences.
– Le français a vraiment ce petit truc que je ne saurais expliquer. 🤩
Je suis reconnaissante :
– Envers ma mère, de m’avoir déposée sur ce quai, même si je me demandais comment j’allais survivre ces deux semaines.
Celle qui travaillait dans un environnement international avait compris la richesse de cette ouverture au monde, et m’a donné la chance de la découvrir à mon tour. Aujourd’hui encore, je chéris les souvenirs de ces vacances.
– Envers mon école, de m’avoir autorisée à partir en période de vacances différée et à passer mes examens ‘de Pâques’ au retour. Directeur et profs au top, investi(e)s jusqu’au bout ! 👌
La graine était donc semée. J’ai poursuivi mes études en langues, je suis partie en Erasmus. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes extraordinaires dans un environnement international, à Bruxelles et loin au-delà des frontières.
Et j’ai atterri en France.
Tu as une langue de cœur, toi aussi ? Laquelle ?
Plaît-il ? Pourquoi la cigarette ? Aucune idée. Je n’ai jamais fumé. 😇
Le chocolat, par contre…
